Marges dans la grande distribution : un rapport sénatorial sous tension et des « solutions » plus que discutées
La commission d’enquête sénatoriale a adopté, le 19 mai 2026, au terme de 6 mois de travaux et de 189 auditions, un rapport critique sur les marges dans la grande distribution et les relations commerciales entre grande distribution et fournisseurs.
Un rapport de force toujours défavorable aux fournisseurs : Les autrices du rapport estiment que la distribution capte une part structurellement importante de la valeur, au détriment des agriculteurs, industriels et PME fournisseurs.
Des pratiques commerciales pointées du doigt : Le rapport fait état de méthodes de négociation fondées sur l’intimidation, de plans d’affaires en baisse transmis avant même les tarifs fournisseurs, de menaces de déréférencement pouvant concerner une part significative de l’assortiment, ainsi que de baisses brutales de commandes susceptibles de fragiliser fortement les fournisseurs.
Les « marges arrière » au cœur des critiques : Alors que les enseignes mettent en avant des marges nettes faibles, le rapport souligne le poids croissant des services facturés aux industriels. Ces « marges arrière » peuvent représenter une charge très importante pour certains fournisseurs et restent peu lisibles dans les comptes de la distribution.
Les centrales européennes toujours dans le viseur : Les sénatrices dénoncent à leur tour l’utilisation de centrales d’achat ou de services établies à l’étranger comme possible outil de contournement du droit français, notamment des lois Egalim.
Des recommandations pour « rééquilibrer la chaîne de valeur » : Le rapport formule 24 recommandations pour « opérer un rééquilibrage » de cette chaîne. Par exemple : la publication des marges arrière, l’affichage obligatoire des marges sur certains produits bruts (comme les fruits et légumes), le renforcement des moyens de la DGCCRF, un meilleur encadrement des centrales européennes et la révision de l’abus de dépendance économique.
Conclusion
Ce rapport confirme que les négociations commerciales restent un sujet « explosif » en France.
Le rapport a été fortement critiqué par les représentants de la grande distribution comme « étant à charge » avant même sa publication
Les représentants des industriels fournisseurs considèrent au contraire qu’il valide enfin la dénonciation qu’ils font depuis des années des pratiques commerciales de la grande distribution.
Reste à voir si les mesures proposées, – allant vers toujours plus d’encadrement -, seront plus efficaces que les précédentes pour mieux répartir la valeur dans toute la chaîne de production et de distribution alimentaire.